Je dois  l’avouer : je suis un fan inconditionnel de Sherlock Holmes. J’ai dû relire cent fois les textes du Canon (et même un petit paquet en anglais), plus tous les faux, pastiches, réécritures et autres contrefaçons qui circulent (en français). Et je suis tout ému à l’avance d’aller (enfin !) visiter en novembre le Musée Sherlock Holmes de Londres.

En comme je viens de découvrir la  splendide mini-série Sherlock de la BBC (Wales) qui vient de sortir en Angleterre (je vous la conseille si vous la voyez passer : 3 films de 90 minutes, photo ci-contre du nouveau Holmes, Benedict Cumberbatch), je me jette sur mon clavier.

Holmes a tout du personnage mythique. On peut dire d’ailleurs que Conan Doyle a d’emblée créé un mythe, qui l’a complètement dépassé. On sait qu’il a longtemps regretté le succès de ce personnage, qui pour lui éclipsait ses autres romans historiques – qui sont tout à fait intéressants, au passage. D’ailleurs, il avait carrément tué Holmes, pour le faire ressusciter deux après… sous la pression des lecteurs… et de sa propre mère !

Holmes est surhumain sur certains points : son intellect, d’abord et évidemment. Il est également odieux et méprisant, quoique capable d’accès de prévenance. Il est aussi un comédien prodigieux, qui peut incarner tous les personnages.

Il accumule les traits caricaturaux qui le caractérisent, comme les héros homériques : longiligne, la pipe, la casquette à pont et le manteau à rabat. Ajoutons une tabagie qui fait rêver aujourd’hui (le Sherlock de la série de 2010 se shoote aux patches à la nicotine !!!), la cocaïnomanie, et la détestable habitude tirer des coups de revolver dans le mur.

Sa principale occupation : lutter contre le crime, grâce à ses armes magiques, son cerveau et sa science de la déduction. Face à ce destin surhumain, il fallait tôt ou tard un contrepoids : ça sera le Professeur Moriarty, double ténébreux de Holmes, qui a servi d’ailleurs de prétexte à Conan Doyle pour la “mort” de Holmes aux Chutes de Reichenbach.

Il faudrait des jours pour faire le tour de ce personnage fascinant. Qu’il me suffise de conclure sur le fait que beaucoup de gens croient à son existence réelle (j’en ai moi-même rencontré !). Ou plutôt, qu’il ne leur est même pas venu à l’idée qu’il pouvait être un personnage de fiction. Et ça c’est la preuve que Sherlock Holmes est bien un mythe : plus réel que la réalité…

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Illustrations : Benedict Cumberbatch, Sherlock, BBC Wales, 2010, copie d’écran, et gravures parues dans le Strand Magazine 1892, de Sydney Paget.